Témoignages 2012

CharlotteMilénaJessicaDianeVictoriaNathalieIsabelleGwenaëlleSuzyLaurenceOliviaBénédicteMagalie

Charlotte

J’étais face à deux femmes, l’une très à l’écoute, l’autre très fatiguée par sa journée et qui parlait fort en commentant mes réponses…
Tout de suite en entrant, des questions sur mon bac et ce que j’ai fait depuis. J’ai trouvé que c’était le moment le plus dur de l’entretien… pied-de-grue devant la salle puis la porte s’ouvre et 5min après c’est déjà trop tard pour parler de soi. L’une du jury ne connaissait (vraiment) pas les classes prépa littéraires et j’ai dû lui expliquer pourquoi je n’avais pas « continué » le cursus…

Puis très rapidement la question : définissez la communication en employant les mots « récepteur, lien et non-verbal »
J’ai réussi à employer les trois mots en dressant un portrait de la communication non-verbale, para-verbale et verbale… (« oh mais c’est une question facile ça! » a dit l’examinatrice fatiguée…)

On est ensuite très vite passée aux exercices.
On m’a lu quatre couples de mots (gousse/câble, mouche/toise, figue/pêche, vote/urne) que j’ai dû répéter immédiatement puis restituer à la fin de l’entretien avec rappel d’un mot (exemple : gousse?….. câble)

Puis l’exercice de rétention : on m’a lu une série de mots que je devais répéter entière puis ensuite retrouver le nombre de « telle lettre » dans chaque série. (ex : pharmacie, officier, officine, affirmatif etc… compter les f). Malheureusement ce n’était pas progressif comme les autres années, elles ont démarré à 3 mots puis ont enchaîné sur une série de 6 mots et je ne m’y attendais pas… j’en ai perdu pas mal en route et les mots étaient longs.

Ensuite répétition de mots longs et de logatomes. J’ai péché sur huit ou neuf syllabes je crois…

Ensuite le vocabulaire… définir épeler et utiliser dans une phrase : jubarte, loriot, égruger, préemption et un dernier que j’ai oublié. Je ne connaissais que préemption…. elles ont accepté ma phrase « jubarte et jobard sont des paronymes » mais elles ont refusé mes autres tours de manche…

Enfin le résumé, un texte à peu près d’une page sur le cerveau et l’humeur.

Puis la dictée, sans grosses difficultés particulières à part l’orthographe lexicale (cacolet, biaude, carriole, etc…)
puis j’ai restitué les quatre couples de mots.

Miléna

Après 3 ans à passer les concours (2 prépa + una année en sciences du langage), je suis enfin convoquée à l’oral de Paris ! Je n’avais pas excellé à l’écrit mais j’avais encore toutes mes chances de réussite car l’oral représente 90% de la note finale. Petit conseil pour l’écrit: les vuibert sont très utiles, il y a beaucoup d’exercices type Paris !

L’oral: mon jury était composé de deux femmes très gentilles, elles répétaient l’énoncé des exercices quand elles voyaient que je ne comprenais pas (évidemment il ne faut pas en abuser ça risquerait de vite les agacer…)

Les épreuves 

 Question ouverte: “quelle est la différence entre langue et langage?” sans utiliser les mots “parole” et deux autres dont je ne me souviens plus. Comme j’étais en L1 de sciences du langage, la question ne m’a posé aucun problème. J’y ai répondu très simplement en quelques phrases mais j’étais frustrée car j’espérais au moins tomber sur une question qui me permette d’exposer mon expérience, mes motivations ou ma connaissance du métier… Comme la question ne me le permettait pas du tout je me suis contentée de répondre à ce qui m’était demandé.

 Cette année, il n’y avait plus l’exercice récurrent des quatre mots à redonner à la fin.
A la place, ils donnaient 4 couples de mots avec un lien de sens. Ensuite ils redonnaient l’un des deux mots et il fallait redonner l’autre. L’exercice était répété en fin d’entretien. (exercice assez facile grâce au lien de sens entre les mots…)

 Redonner le nombre de “a” ou une autre lettre dans une suite de mots, parfois assez longue que nous devions d’abord répéter (exercice largement faisable avec un petit peu d’entraînement).

 Arrive alors le fameux exercice de vocabulaire. J’avais regardé ceux qui étaient tombés les années précédentes, j’en connaissais pas mal donc j’espérais en connaître au moins 2 sur 5. Sauf que ça n’a pas été le cas, je ne connaissais aucun mot des cinq proposés!
Je ne me suis pas démontée pour autant: à chaque fois, j’ai épelé les mots, proposé une définition en m’aidant de l’étymologie. Par exemple, je me souviens de “ectopie”, je leur ai d’abord dit que je ne connaissais pas la définition exacte de ce mot mais que c’était un terme médical. Et je tentais toujours une phrase. Je ne suis jamais restée sur la méconnaissance de la définition, j’ai à chaque fois tenté une réponse.

 Enfin, l’épreuve de dictée. L’orthophoniste qui dictait ne me laissait vraiment pas le temps de revenir sur ce que j’écrivais, dès que je terminais d’écrire, elle enchaînait. Du coup j’étais sûre d’avoir fait au moins un faute à “anthurium”: je n’ai pas eu le temps de rajouter le h. En ce qui concerne la difficulté, il y avait quelques accords de couleur: ocre, orange mais rien d’extraordinaire.

En ressortant de l’oral j’étais complètement effondrée, j’étais persuadée d’avoir loupé. Le fait de ne pas connaître les mots de voc et de ne pas avoir exprimé mes motivations, mon projet, mon parcours après 3 ans d’acharnement m’a beaucoup perturbé. Au final j’ai été classée 14ème ex aequo ! Grande surprise mais surtout, mon classement en dit long sur leur notation: être capable de donner la définition exacte des mots n’était pas l’essentiel. Le jury a noté mon attitude face aux exercices. A aucun moment je ne me suis effondrée. J’avais le sourire et je pense que j’ai bien maîtrisé mon stress, ce qui est très important.

Partez confiantes et gardez le sourire quoi qu’il arrive !

Bon courage !

Jessica

Mon passage à l’oral était programmé à 8h mais je suis passée à 8h30… la première. Il y a beaucoup de jurys à Paris, je dirais au moins dix si ce n’est plus ! Le mien se composait de deux femmes orthophonistes : l’une donnait les consignes, l’autre écrivait… beaucoup !

Ambiance générale :

Une fois installée, l’une d’elle m’a tout de suite mise à l’aise en me demandant si ça allait. Je lui ai dit que j’étais un peu stressée, elle m’a répondu qu’elles l’étaient aussi puisqu’il fallait assurer et bien suivre les consignes données. La deuxième était un peu plus fermée mais elle me souriait de temps en temps. Donc, au final, un jury plutôt agréable.

  1er exercice : Définir le langage écrit sans utiliser les mots communication, lettre et écriture.

  2ème exercice : Cinq mots à épeler, définir et placer dans un exemple : conurbation, uval, iatrique, talure et salsugineux. Je n’en connaissais qu’un mais j’ai donné de bons exemple à trois autres dont iatrique qui me faisait penser à iatrogène (comme vous nous l’aviez conseillé j’ai pensé à voix haute en faisant la correspondance entre les deux mots !).

  3ème exercice : (Celui que j’ai trouvé le plus difficile) Elle m’a donné une liste de quatre mots plutôt simple puis m’a demandé le nombre de lettre « i » dans cette liste. Donc il faut mémoriser les mots et compter les lettres sans écrire… Puis une série de cinq mots et il fallait redonner le nombre de « r ». Ensuite je crois que la liste s’est allongée encore mais j’ai perdu le fil donc j’ai donné un
nombre de lettre approximatif.

  4ème exercice : Pour cet exercice il fallait mémoriser des couples de mots. En exemple elle m’a dit « machin-truc » et « bidule-chouette ». « Si je vous dis machin vous me dites …truc ». Au début elle m’a donné deux paires que j’ai pu restituer, puis quatre paires et je n’ai réussi qu’à en donner trois. Plus tard dans l’entretien, elle redemande ces quatre paires. Je n’en avais toujours que trois.
Parfois il y a un lien entre les deux mots : par exemple j’avais « bouche-lèvre » et « porc-veau ».

  5ème exercice : Les logatomes à répéter, plus ou moins longs.

  6ème exercice : Un texte à lire à voix haute une première fois, puis deuxième lecture silencieuse pour finir sur un résumé du texte. Le mien portait sur les comportements à risque des adolescents, il faisait une page recto et était plutôt simple à comprendre.

  7ème exercice : une petite dictée lue lentement mais juste une seule fois ! Il fallait rester concentré pour ne pas perdre le fil et bien savoir avec quel sujet accorder. Et une fois terminée, on ne pouvait revenir sur d’éventuelles erreurs… personnellement je sais que j’ai dû en faire deux ou trois. C’est très frustrant de ne pas pouvoir retoucher mais c’est comme ça.

A la fin de l’entretien, les deux orthophonistes étaient souriantes et on a un peu discuté. Personnellement je suis sortie de l’entretien en pensant avoir échoué mais au final toutes les autres candidates pensaient la même chose. Je pense qu’ils regardent beaucoup notre attitude face à l’échec aux exercices, et notre capacité à retomber sur nos pieds. J’ai essayé de rester sereine, souriante avec un brin d’humour jusqu’au bout.

 

Diane

Je trouve que cette année pour l’écrit, rien n’avait changé. Donc, les conseils des années précédentes sur le site sont déjà assez précieux et suffisants comme cela.

Peut-être une question inattendue sur la nature grammaticale de “quelque” dans un contexte bien particulier, mais ce n’était pas sorcier si on avait bien révisé.

Pour l’oral en revanche, je trouve que la donne avait changé par rapport à ce qu’on m’avait dit des années précédentes. Exit les sempiternels 4 mots à retenir du début à la fin de l’épreuve, mais des paires de mots ! 4 paires. Pas très compliquées, vu qu’elles étaient apparentées par le sens ( bouée/muscle, tuile/tôle etc…) et qu’on pouvait se créer une petite image mnémotechnique assez facilement.

La question : pouvez-vous nous expliquer la différence entre langue et langage sans prononcer 3 mots ? (dont je ne me souviens plus, mais cela ne m’a pas paru difficile car je ne comptais pas les utiliser de toute manière Smile ).

Des phonèmes à répéter aussi. Au début ça allait, il y en avait peu. Puis passage brutal de 4 à 9 phonèmes d’un coup. Personnellement, je n’ai pas réussi à suivre.

Il y a eu une suite de mots dont je devais donner, a posteriori (c’est cela qui est difficile), certaines caractéristiques comme : “combien y avait-il de “y” dans cette suite de mots ? “

Les mots de vocabulaire étaient assez déstabilisants pour moi. C’était pourtant mon domaine de prédilection. Je n’ai pu en reconnaître qu’un seul, un arbre exotique, le jacaranda je crois. Sinon j’ai séché sur les autres : dénébulisation, diacode, ectopie. Il s’agissait de termes techniques que je n’aurais jamais imaginé avoir à l’exam. Mais j’ai essayé de décrypter les étymologies, de rester souriante. Je suis tombée relativement à côté, mais le jury a dû voir que j’avais une démarche logique et sincère (?).

Texte à lire et à résumer + dictée : RAS. De bon niveau, mais pas de surprise. Ce qu’il y avait de plus délicat dans la dictée, c’est qu’elle survenait à la fin de l’épreuve, lorsqu’on a déjà beaucoup donné, et il faut pourtant rester concentrée jusqu’au bout, d’autant plus que les fautes valent apparemment cher (on m’a dit qu’une faute = un point de moins à l’épreuve…).

Concernant le jury, le binôme était composé d’une orthophoniste qui me posait beaucoup de questions et cherchait à me titiller au début de l’épreuve (sur mon parcours, mes motivations, mon âge), alors que l’autre notait en silence et semblait adopter une attitude plus bienveillante. J’ai essayé de rester toujours positive et dynamique, et de paraître détendue et volontaire. Les pauvres, je suis passée en fin de journée en plus, elles devaient en avoir ras-la-casquette ! Smile

Bon courage à vous, bon travail et assiduité. C’est possible, il faut se motiver et y croire  !

Victoria

J’étais convoquée à 11h30, j’ai l’impression d’avoir attendu une éternité devant cette porte qui ne voulait pas s’ouvrir. Je suis enfin rentrée, plus que stressée, mais gardant à l’esprit que c’était maintenant ou jamais.

Mon jury était composé de deux femmes, très avenantes, ce qui m’a un peu soulagée. J’ai dû mémoriser 4 paires de mots et à la fin de l’entretien, elles me donnaient un mot de chaque paire et je devais retrouver l’autre. C’était des mots simples, sans forcément avoir de lien sémantique.

J’ai eu une dictée, avec les pièges habituels, plutôt rapide, surtout une seule lecture et pas de relecture.

J’ai eu la fameuse question en rapport avec l’orthophonie : “La communication orale est importante, la communication écrite l’est-elle autant?” , quelque chose dans ce goût là. Autant dire que c’était assez vaste et que j’ai paniqué. Ma réponse n’était pas structurée, et composée de trop d’exemples…

Quelques exercices de rétention ; “répétez la liste de mots suivants et dites combien de i il y a dans cette liste de mots”.

Des exercices assez originaux, et avec le stress, une mémoire qui n’était pas en état. Et le fameux vocabulaire : “clabaudeur”, “civelle”… des mots inconnus au bataillon, mais le tout est d’IMPROVISER avec une petite pointe d’auto-dérision. Il faut essayer de penser aux racines, aux dérivations,… Et avec un peu de chance ça tombe juste !

A la fin, on m’a demandé si j’avais quelque chose à ajouter,  j’ai saisi ma chance et montré ma motivation et ma détermination. Il ne faut pas oublier qu’ils cherchent des gens assez motivés pour finir les études et ne pas gâcher des places dans les promos.

Je suis sortie de l’oral, j’ai enfin pu respirer, et j’étais plutôt contente, tout simplement parce que je n’avais pas fondu en larmes devant le jury ! 8 jours plus tard, 57/100 à l’oral, 107e sur Liste Principale.  🙂

Nathalie

Pour me présenter brièvement : j’ai préparé le concours alors que j’avais 35 ans, mon fils n’avait pas encore 2 ans, j’ai été libraire pendant 8 ans et j’ai fait un court passage dans le milieu financier…

Eté 2011 : je me décide à sauter le pas et changer de carrière, c’est décidé : je serai orthophoniste !

Octobre 2011 : je quitte officiellement mon job pour préparer le concours toute seule à la maison… mais en réalité, je ne m’y mettrai « sérieusement » qu’à partir de fin novembre. 

Je travaille avec les Vuibert (la bible !), avec les quelques annales « sauvages » trouvées sur Internet et avec un site que beaucoup de mes « nouvelles copines » ont également utilisé : www.qcmplus.fr. Il est très complet, il me permet de tester des points précis de grammaire, de faire un concours blanc chaque weekend et surtout je trouve ça beaucoup plus « ludique » que les livres… donc je m’y mets facilement (je peux même faire un QCM quand j’ai quelquesminutes dans le métro !)

Vu ma situation familiale, je compte me présenter uniquement au concours de Paris : ça peut paraître un désavantage par rapport à ceux qui présentent plusieurs écoles mais ça permet de se concentrer sur les questions spécifiques à la capitale (ailleurs, on peut vous demander de travailler la biologie, la culture gé’, etc.)

12 mars 2012 : je passe l’écrit dans les fameux hangars de Rungis ! On est environ 2700 et c’est assez impressionnant… Et puis certains sont venus avec leurs parents (je me sens un peu « vieille !)

260 d’entre nous seront convoqués pour la seconde étape… mais nous ne recevrons les résultats que début avril, l’attente est LONGUE !
En attendant, je me prépare pour l’oral sans savoir si j’ai réussi l’écrit, c’est un peu dur…

3 avril 2012 : 1ère étape franchie, je suis convoquée pour l’oral (qui me fait BEAUCOUP plus peur que l’écrit). Encore une fois je travaille avec les Vuibert « Oral » et je cherche TOUS les témoignages possibles ! Le conseil n°1 que je retiens : surtout rester calme et souriante, quoi qu’il arrive !

2 mai : je suis convoquée à 9h20 à la Salpêtrière. J’y arrive à 8h50 mais il se trouve qu’on était convoqués 30 minutes avant notre épreuve (les femmes qui gèrent nos passages ne sont pas très sympathiques mais l’APEO est là pour équilibrer l’humeur !) J’attends donc 1h avant d’être appelée.

Devant ma salle, je papote avec une “jeune fille” qui attend son tour devant la porte d’à côté. Ma porte s’ouvre et la “dame” du jury sort avec la candidate qui avait… du sang plein les mains (!?!) Elles cherchaient les toilettes partout parce que la fille, sous l’effet du stress, s’était mise à saigner du nez comme un torrent… Glups !…

Je finis par entrer face au jury n°15 = 2 orthophonistes, une dame d’apparence un peu “fofolle” avec un ensemble tout bariolé + un homme (une exception dans ce métier !). Ils sont souriants, parlent peu, essaient de ne rien laisser transparaître mais sont plutôt sympas.

Le temps que je m’installe, l’homme sort de la salle et la femme me demande mes papiers, le type de Bac que j’ai passé (ô ! souvenir du XXe siècle !) et mon âge. Normalement, ils ne posent quasiment jamais de questions sur notre parcours mais en attendant qu’il revienne, elle me demande : “vous êtes donc en reconversion ?” et j’essaye de lui caser mon parcours librairie/orthophonie (même si je ne suis pas certaine que « ça compte », je suis contente).

La 1ère épreuve est la “question métier”, qui est toujours assez longue et complexe. En résumé, c’était quelque chose comme :  “En quoi les troubles de l’apprentissage, et plus particulièrement les troubles du langage écrit, peuvent avoir des conséquences socio-économiques à l’âge adulte ?” J’avoue que je lui ai fait répéter la question une fois !… Mais ensuite, je m’en suis bien sortie, j’ai pu montrer que je n’étais pas là par hasard et que je connaissais un peu le sujet ! Ça m’a mise en confiance pour la suite.

2ème épreuve : un exercice de mémoire assez compliqué (et nouveau, il n’avait pas été présenté les années précédentes). Elle m’a récité 4 paires de mots (pelouse/gifle, chat/lait, etc.), puis elle m’a donné un seul mot de chaque paire et je devais lui restituer le second. Exemple : elle me disait pelouse, je devais répondre gifle. Je ne me suis souvenue que de la première et de la  dernière paires = 50%…

3ème épreuve : le vocabulaire
Alors là, heureusement que j’avais lu plusieurs témoignages des années passées, sinon je sortais tout de suite de la salle en pleurant : que des mots inconnus ! Il y en avait 5 je crois, et le seul que j’avais déjà entendu était “matamore”. Sinon j’ai eu droit à “paraphernal” et “sibilant” (aucun souvenir des autres… que je n’avais JAMAIS lus/vus nulle part). Il fallait donc les épeler, donner leur définition et les mettre en scène dans une phrase. J’ai gardé mon sourire et j’ai fait des phrases du genre : « Ce soir quand je raconterai cet oral à mes amis, je me demande combien connaîtront le sens du mot “sibilant” ? » ou « Combien rapporterait “paraphernal” au Scrabble ? »

Note : pour “sibilant”, j’ai quand même fait répéter la femme 3 fois ! J’étais sûre qu’il devait s’agir de “sibyllin” et je me disais « ah quand même j’en connais un ! »
Moi : « vous voulez dire sibyllin? »
Elle vérifie sur sa feuille : « Euh non sibilant… »
Moi, avec le sourire : « En 2 mots alors ? “six bilans” ? Non ? Vraiment pas ? Bon ben je ne vois pas alors ! »

Bref, je croisais les doigts pour qu’ils jugent surtout nos réactions face à une situation difficile parce que sinon j’étais cuite !

4ème épreuve : encore un exercice de mémoire (et encore un exercice nouveau auquel je ne m’étais pas préparée)
Elle me lisait plusieurs mots à la suite et je devais lui dire combien de fois la lettre M (par exemple) apparaissait dans l’ensemble de la liste. Facile quand il y a 3 mots… beaucoup moins quand il y en a 6 !

5ème épreuve : encore un exercice de mémoire
Répéter après elle des mots très longs et des logatomes (mots qui n’existent pas) de 6/7 syllabes. Impecc’ sur les mots mais résultat moyen sur les longs logatomes.

6ème épreuve : résumé de texte
Ils m’ont donné un texte d’une page à lire à haute voix (+1 fois en silence) puis à titrer et à résumer (ils reprennent le texte quand on le résume). C’était un article sur l’augmentation des consultations « psy » chez les jeunes enfants, pour des problèmes de comportement ou de langage. J’ai d’abord eu du mal à me concentrer (pendant la relecture) mais je m’en suis finalement bien tirée (la femme faisait « oui, oui » de la tête) et là encore, ça m’a redonné confiance.

7ème épreuve : rappel de l’épreuve n°2
Il fallait que je redonne les mots de l’exercice 2 : je me souvenais des mêmes et les autres ne m’étaient pas revenus entre temps.

8ème épreuve : la dictée (elle la lit une seule fois, à notre rythme d’écriture, et on lui rend la feuille tout de suite sans relecture possible)
Pas facile du tout ! Il y avait beaucoup de mots compliqués, genre “sycophante”, “cacochyme”, etc. (j’en connaissais certains mais pas tous) + des tournures vicieuses… Par exemple, la dernière phrase commençait par quelque chose comme : « Mellifères, d’ornement, mauves ou bleues, il adorait toutes les fleurs de son jardin… » = à l’oral, on ne sait pas comment accorder les adjectifs jusqu’à ce qu’on entende le mot “fleurs”.

Et puis silence.
Elle : « Voilà ! »
Moi : « C’est fini ? Déjà ! J’étais tellement inquiète ! Merci beaucoup pour votre accueil ! »
Grands sourires, je sors de la salle en leur souhaitant une bonne journée, 2 filles attendent dans le couloir, je leur souhaite bon courage et leur dis que le jury est très sympa (« oui, oui, on vous a entendus rire ! ») mais à peine arrivée devant les ascenseurs, j’entends : « Madame ! »
« Oui ? »
« Vous pouvez revenir une minute ? »
« Euh voui ? »
Et me revoilà devant le jury… qui me demande de boire un verre d’eau.
Car voyez-vous, comme je le craignais, ils me confirment que j’ai un problème de « déglutition atypique » (Mesdames, Messieurs, vous pouvez faire le test chez vous : si vous arrivez à avaler une gorgée d’eau sans fermer les lèvres, vous êtes sauvés !) Moi je n’en suis pas capable et c’est un défaut à corriger avant de devenir orthophoniste. Mais que tout le monde se rassure : ce n’est pas un trouble éliminatoire pour cet oral (il y en a). Ils me confirment donc que si mes notes me permettent d’être admise à l’école, je devrai absolument faire un contrôle. Comme dirait mon chéri : « Soyons optimistes, si tu n’avais eu aucune chance d’être prise, ils ne t’auraient pas rappelée pour ça… » Je leur ai donc dit au revoir une nouvelle fois, en ajoutant « et n’hésitez pas à me rappeler si besoin, hein ! », ça les a fait rigoler et je suis partie pour de bon.

Bilan : je suis sortie sereine – j’ai fait plusieurs fautes de vocabulaires/mémoire mais j’ai aussi réussi des épreuves importantes (je craignais beaucoup de perdre mes moyens et de ne pas réussir à me concentrer pour répondre à la question métier / réfléchir à la synthèse du texte).

Les témoignages des années précédentes semblaient dire que l’important c’était surtout de ne pas se laisser déstabiliser et de garder le sourire – pour ça, je m’en étais bien sortie, je suis restée zen jusqu’au bout (30 minutes en tout), donc je croisais les doigts.

Mais pendant les 8 jours d’attente, ma belle assurance a pris du plomb dans l’aile… En lisant les témoignages des autres personnes ayant passé l’oral en même temps que moi, je réalisais par exemple qu’elles avaient bien mieux réussi que moi la question du vocabulaire… Bref, peu à peu, je me disais que je n’avais aucune chance d’être prise.

10 mai 2012, à 9h00 : je vois sur un forum qu’une autre fille vient de recevoir ses résultats par la poste ! Argh ! mon facteur ne passe qu’à midi = les 3 heures les plus longues de ma vie ! J’ouvre LA lettre à midi et mon fils s’inquiète en me voyant pleurer devant la boîte-aux-lettres : « Maman ?!? » Maman va très bien, elle a les jambes qui flageolent mais elle est super fière d’elle : je suis 92ème sur liste principale !. Réussir ce concours du premier coup, sans en présenter aucun autre, et en me préparant toute seule à la maison, c’était « pas réaliste », voire « impossible ! » disaient certains… Soyez confiants, si, si, c’est possible !

Isabelle

J’ai préparé le concours par correspondance, avec le CNED, entre octobre et mars, sans activité  professionnelle en plus, mais avec 4 enfants à charge. J’ai travaillé assez intensivement, presque tous les jours, autant que mes disponibilités me le permettaient.

Je ne pense pas qu’une prépa soit indispensable si on fait preuve de motivation… et d’organisation.

J’ai d’abord travaillé surtout l’écrit puis l’oral une fois l’épreuve écrite passée, sans attendre les résultats.

J’ai trouvé l’oral plutôt difficile et je ne suis pas sortie très contente de ma performance, mais d’après les commentaires, j’ai supposé qu’il était difficile pour tout le monde.

J’ai eu un jury de deux femmes, dont une orthophoniste. L’une m’a regardée pendant tout l’entretien, de façon neutre, mais elle a répondu à mon sourire et l’autre prenait des notes, plutôt indifférente.

Elles m’ont d’abord demandé mon âge (j’ai 43 ans, ce qui ne m’a pas mise à l’aise), mon Bac, puis m’ont demandé de définir une notion comme la communication (je ne suis plus très sûre du mot), classique que j’avais préparée, et ça m’a permis de parler de mon expérience personnelle et de mes motivations, je savais qu’après je n’en aurais plus eu l’occasion. Elles ne m’ont pas interrompue, mais
n’ont pas rebondi non plus, alors j’ai été brève, mais j’ai placé à peu près tout ce que je voulais car je m’étais entraînée.

Ensuite, elles m’ont donné 4 ou 5 paires de mots, je me souviens de : Toise/mouche , Bulletin/urne , Gousse/câble, Pêche/ figue… que j’ai dû répéter tout de suite et restituer à la fin de l’entretien : elle me donnait un mot, je devais donner l’autre. J’ai trouvé les paires faciles à mémoriser.

L’épreuve de vocabulaire : je connaissais préempter et loriot, je n’ai pas deviné écholocation (se localiser par l’écho), je suis partie sur une location d’appart économique ou écologique. Et je ne connaissais ni jubarte (une baleine) ni égruger (réduire en poudre), je les ai bien orthographiés mais je pense que mes phrases, au hasard, devaient être risibles…

Ensuite j’ai dû répéter des logatomes, de plus en plus long, mais je m’y étais préparée.

En revanche, j’ai raté l’exercice suivant : donner le nombre de « t » (par exemple) dans une suite de mots. La première série contenait trois mots, mais la suivante 5, et trop occupée à compter les lettres je n’ai pas écouté le dernier mot, donc il m’a manqué des lettres et j’ai perdu pied pour la suite de l’exercice, 7 mots… c’était raté !

Le texte traitait du cerveau. Je me suis tellement appliquée à bien le lire (il y avait quelques mots scientifiques) que je n’avais pas tout compris à la fin de la lecture, mais elles m’ont laissé le relire avant d’en faire le résumé (sans le texte).

La dictée commençait par une phrase que j’ai trouvée difficile car je ne la comprenais pas, du coup, je ne savais pas trop ce que j’écrivais : « je vois passer à cacolet deux lignards au teint terreux.» Mais je suis restée concentrée car elle continuait à lire sans se préoccuper de mes hésitations et sans m’attendre. Je me suis trompée à « arc-bouter » car elle a prononcé « arquEbouter et ça m’a mis un doute, je me suis laissée influencer…

Finalement, j’ai été reçue sur la liste principale, donc j’en conclus que l’oral a été difficile pour tous !

Mon conseil serait de bien s’y préparer, car il ne s’improvise pas et le jour J on perd quand même une partie de ses moyens. Il faut donc faire plein d’exercices oraux (j’ai trouvé très adapté le Vuibert « Admis préparation aux oraux ») et des dictées.

Bonne préparation et bon courage !

Gwenaëlle

J’ai préparé le concours sans prépa, en bossant dans mon coin tous les jours avec les Vuibert et les cours de prépa qu’une fille en 1A à Paris m’avait vendus… Du coup je ne connaissais pas trop les spécificités de chaque concours, je me suis inscrite à presque tous. Honnêtement je ne pensais pas être admissible à Paris, car je me disais que beaucoup de monde le passait et je ne pensais pas être dans le haut de la liste, je n’avais donc même pas regardé les annales du concours et j’y suis allée sans stress. Finalement c’est la première réponse que j’ai reçue et j’avais du mal à y croire en sortant ma convocation pour l’oral. Paradoxalement, le concours de Bordeaux que j’avais bossé comme une malade et que je voulais absolument, j’y suis allée hyper stressée et je n’ai pas été admissible… J’en profite pour dire aux filles qui le prépareraient seules de ne pas se décourager, car moi quand j’allais passer les concours je n’entendais que des gens me dire qu’il était impossible de réussir le concours sans prépa et au final je l’ai eu du premier coup et une amie aussi quelques années plus tôt, ce qu’il faut c’est juste d’être bien motivé(e)…

Pour l’oral je me suis préparée avec ma mère/mon copain/des amis/toute personne disponible pour me faire travailler et je leur demandais de me faire faire tous les exercices du Vuibert préparation à l’oral pour habituer mon cerveau aux exercices tordus (et je le faisais tous les jours, en demandant à chaque fois d’augmenter la difficulté). 

Puis j’ai fait un stage de 3 jours spécialement pour la préparation de l’oral de Paris, j’ai aussi rencontré des filles de 1A de Paris qui étaient super sympas, disponibles et leurs conseils m’ont beaucoup aidée et rassurée. N’hésitez donc pas à envoyer un mail à l’APEO et discuter avec une fille de 1A.

Le jour J j’étais super stressée, surtout que je suis passée en retard et tout le temps supplémentaire à attendre ne fait qu’accentuer le stress. Juste avant moi une fille est sortie de ma salle d’oral en pleurs donc je n’étais vraiment pas rassurée. Finalement quand on m’a appelée j’ai tout fait pour donner l’image d’une fille dynamique et souriante. Le jury était composé de deux femmes, une souriante et l’autre qui était tout le contraire. Conseil d’un ami en école de commerce : ne surtout pas regarder que la personne souriante pour se rassurer, je me suis efforcé de regarder les deux dans les yeux.

On ne m’a pas donné de mots à retenir. Elles m’ont demandé mon parcours scolaire avant le concours (car j’avais déjà 23 ans), j’ai essayé d’en profiter pour placer un discours de motivation mais elles m’ont arrêtée tout de suite et m’ont demandé de juste dire ce que j’avais fait. J’ai dit que j’avais fait des études de lettres.

Puis une question : « Quelle est la différence entre langue et langage sans dire les mots communication, langage et (?) » J’étais tellement stressée que je n’ai même pas écouté la question en entier et je n’ai pas retenu les mots à ne pas dire (il me semble qu’il y en avait quatre), du coup l’angoisse pendant la réponse !

Elles m’ont ensuite donné une série de 8 paires de mots et je devais dire du tac au tac combien de fois apparaissait la lettre « a » ou « e » sachant que souvent on ne les entendait pas, par exemple dans le son « an » ou « au » … Elles m’ont demandé de retenir en même temps les mots par paire, par exemple la série pieuvre/ampoule, bougeoir/fantoche, métonymie/château etc… Après avoir répondu sur le nombre de lettres elle me demandait « Si je vous dis bougeoir vous me répondez.. ? » C’était difficile de se concentrer à la fois sur le calcul des lettres dans le mot et sur la rétention surtout que les séries étaient longues !  

Ensuite elles m’ont demandé de définir 5 mots : dénébulation et je ne me souviens pas des 4 autres, toujours est-il que je n’ai eu aucun point pour cette question, j’ai vu une des femmes écrire 0 à la fin de l’exercice, ça m’a vraiment mis un coup ! Surtout que j’étais vraiment incollable en vocabulaire ! J’avais quand même essayé de donner le change en essayant de deviner avec l’étymologie… A ce moment là j’ai eu un petit coup de démotiv mais je me suis vite reprise, pour au final me ressentir totalement hors du truc.

Elles m’ont redemandé les paires précédemment citées : « Si je vous dis pieuvre, vous me répondez… ? » Je ne pensais pas qu’elles me les redemanderaient et je les avais totalement zappées ! Je n’ai pas su en retrouver une seule. A ce moment là je me suis vraiment dit que c’était mort et que j’avais raté ma chance d’être à Paris. Par contre si j’étais totalement décomposée à l’intérieur je n’ai rien laissé paraître et je continuais à sourire (alors que franchement j’avais juste envie de pleurer !) On a fini avec la dictée, je m‘étais bien entraînée et je pense l’avoir réussie (du coup c’est le seul exercice qui m’a laissé une bonne impression). 

Quand elles m’ont dit que c’était fini j’ai eu l’impression que c’était passé super vite mais surtout que du coup je n’avais plus aucune chance pour me rattraper, du coup j’ai rassemblé tout ce qu’il me restait encore en talent d’actrice pour dire sur le ton de la rigolade que j’espérais qu’elles avaient pu voir que j’étais super motivée malgré ma piètre performance, elles ont rigolé et je suis partie. Du coup j’ai passé la semaine d’après, à pleurer que je ne l’aurais jamais et finalement j’ai été admise sur liste principale.

En y repensant je pense qu’à l’oral ils testent plus notre attitude que nos aptitudes à retenir des listes de mots inutiles. Je m’étais focalisée sur mon échec aux exercices et finalement je crois qu’être restée souriante et sûre de moi a du leur donner une bonne impression

Suzy

Pour l’écrit de Paris, il n’y a pas de surprise ! Les épreuves sont les mêmes chaque année : il faut donc si possible refaire les annales !

Voici un petit résumé de mes souvenirs de l’oral :
1) Donner son âge et la série de Baccalauréat
2) Question : “Quelqu’un de votre entourage vous demande de le prendre en charge, quelle est votre réaction et pourquoi ?”
3) Le jury m’a donné 4 paires de mots : “louve-menthe ; lion-tigre ; do-chèvre ; ?-? “
On m’a redonné le premier terme de chaque paire et je devais donner le second terme.
4) Logatomes (5 à 7 syllabes) alternés avec des mots à leur répéter (6 en tout).
5) Série de mots suivie d’une consigne “Donner le nombre de lettres “r” dans la série (par exemple)”. Il fallait restituer la liste puis répondre à la question (nombre de lettres). J’ai eu 3 séries : 4, 5, 6 mots.
6) 5 mots de vocabulaire à épeler, définir et employer dans une phrase : nutation, volition, chafouin, cénotaphe et cinabre.
7) Texte d’une page (sur le rire) à lire à haute voix avec relecture, à résumer et titrer.
8) Retour sur l’exercice des paires de mots, le jury m’a redonné le premier terme et je devais restituer le second.
9) Dictée d’une demi-page sans relecture
L’entretien a duré une demi-heure.

Laurence

Je prends enfin le temps de vous envoyer le détail de mon oral du 2 mai. J’étais convoquée à 8h40.

il s’agit de l’oral tel qu’il me semble qu’il s’est déroulé… mais c’est surprenant comme le stress filtre l’encodage du souvenir, et la réalité… Il manque quelques info, et je ne peux notamment pas vous dire avec certitude dans quel ordre les exercices se sont enchaînés 😉
(NB : à la relecture de ce mail, 7 mois plus tard, pour le poster sur le forum, je me rends compte que je n’ai pas parlé de la dictée ^^, or il y en bien eu une… mais impossible de me souvenir maintenant de quoi elle était faite.)

Le jury : deux dames avenantes, ni trop chaleureuses ni trop impressionnantes. L’une des deux menait l’entretien, l’autre est restée en retrait, mais prenait des notes. A chaque exercice, on m’a proposé un exemple, et on s’est assuré que je comprenais bien la consigne. Le but n’était pas de me piéger, cela se sentait.

– Question : Que savez-vous de la différenciation pédagogique, et quel rapport avec l’orthophonie ?
Oui, c’est vrai, le hasard m’a été assez favorable… (NB : j’ai été prof, dans une autre vie) ai-je su en profiter ? Difficile à dire, mais je l’espère. Ce qui est sûr, c’est que je n’ai pas senti de piège dans la question.

– On m’a donné 4 couples de mots, il fallait répéter le second mot de chaque couple. Je ne me souviens pas du premier mot:
“? / phoque; table/chaise ; trèfle / gland ; poule / œuf”
Après que j’ai eu répété ces quatre mots, et après seulement, malheureusement, on m’a annoncé qu’il faudrait les redonner en fin d’entretien. Du coup, je n’en avais plus que 3 sur les 4. (Avec d’autres jurys, la consigne avait été donnée en début d’entretien.)

– On m’a donné des séries de mots (simples) à répéter, après quoi je devais dire combien de fois on y lisait telle ou telle lettre. La lettre changeait pour chaque série, mais surtout, la longueur de la série changeait de façon non progressive, ce qui rendait l’exercice beaucoup plus difficile : 3 mots, puis 6 mots, puis 3 ou 4, puis 6 ou 7… (je me souviens d’avoir eu des mots plutôt simples à orthographier, mais ne sais plus lesquels. Il me semble avoir eu par exemple : “Répétez les mots “coccinelle”, “tomate” et “citronnier”, puis donnez le nombre de “o”” )

– Répétition d’un mot puis d’un logatome (appelé “non-mot” lors de l’oral), les mots et logatomes étant de longueur croissante.

– Mots à épeler, définir, et utiliser dans une phrase : tumulaire, dystopie, ductile, flabelliforme, kaolin.

– Lecture à haute voix d’un texte, puis rapide lecture silencieuse. Rendre la feuille, proposer un résumé de ce dont on se souvient, puis donner un titre. Le texte était très lisible, proprement tapé sur une feuille A4. (vérification faite, il s’agissait de la transcription d’un article assez récent du magazine “Cerveau et Psycho”). On ne m’a posé aucune question sur le texte.

– En fin d’entretien, on m’a annoncé que l’oral était terminé, et on m’a demandé si je souhaitais ajouter quelque chose. J’ai saisi l’occasion pour nous présenter, ma motivation et moi, plus encore que je ne l’avais déjà fait à l’occasion de la première question.”

Après l’écrit, j’avais passé et fait passer beaucoup d’oraux blancs avec des copines, et ça nous a réussi, à toutes les 5. Certes c’est un concours, mais la solidarité peut aussi marcher, pendant la préparation.

Bonne chance !

Laurence. (Maman de deux enfants, en reconversion professionnelle)

Olivia

Témoignage d’une reconvertie : Comment j’ai décidé, à 30 ans, d’intégrer une formation en orthophonie ? Cela serait long à raconter, et pas passionnant à lire ici.

Voici ma démarche de préparation au concours : la décision prise, il me restait 5-6 mois avant le début des épreuves d’admissibilité. En poste à l’époque, je me suis mise à travailler, en solo, à mes heures perdues ; munie d’un stock de livres récupérés auprès d’une amie orthophoniste (les difficultés du français, le français courant, grammaires en tous genres, le livre “1000 questions pour réussir le concours orthophoniste” est pas mal, etc.), je répétais inlassablement des exercices de grammaire, de conjugaison et de vocabulaire. Exercice fastidieux pour ceux et celles fâché(e)s avec la « grammaire », mais incontournable.

A l’époque, s’il m’est arrivé de sombrer dans la déréliction ; je sais maintenant que même si la tâche semble large, le moindre petit exercice peut faire mouche. Dans le cadre d’un concours de connaissances générales, il faut rester optimiste, ouvert, et puiser dans tout plein de ressources, notamment celles offertes par Internet. En effet, pendant mes deux mois de bachotage à temps plein précédant l’écrit de Paris (qui a lieu généralement à la mi-mars), j’ai alterné mes révisions entre matériel des sites dédiés à la francophonie (la majorité sont québécois et cela ne pose pas de problèmes !) et livres cités plus haut. Le jour de l’écrit (de Paris) – j’ai présenté Lyon et Nantes pour me mettre en jambes mais Paris restait mon objectif – le déroulement du concours ne m’a pas déstabilisée, principalement grâce aux annales de ladite école rendues disponibles.

Important (à mes yeux, après cela dépend des facilités de chacun(e) à l’oral) : sans présumer de ses forces, il est important d’anticiper l’entretien. D’ailleurs, certains entraînements servent pour l’épreuve d’admissibilité comme pour l’épreuve d’admission, comme par exemple :
– l’acquisition et la maîtrise de mots nouveaux, ou du moins savants ou rares, appréciée autant à l’écrit qu’à l’oral. Les dictées (de B. Pivot notamment) sont parfaites pour travailler des points de vocabulaire, et l’épreuve orale vous réserve une séquence de définitions et une mini-dictée.
– la lecture de textes plus ou moins scientifiques, articles de vulgarisation, pour accroître sa culture générale (ça ne fait pas de mal), s’habituer à extraire rapidement les points généraux de l’enchaînement (questions de compréhension de texte à l’écrit), et dans le prolongement, prendre le pli des résumés (épreuve orale).

En dernier, je vous recommande d’appréhender à l‘avance des exercices quelque peu déroutants de rétention de mots ou de logatomes (enchaînement de syllabes dénués de sens) qui tomberont à l’oral. Ils seront à préparer en amont, pour être serein le jour de l’oral. Alors, réservez-vous une petite plage de préparation (ludique en plus) quasi-quotidienne dès à présent.

Ah oui, j’ai perdu pas mal de temps à retenir les dernières variations de l’orthographe (réforme orthographique dont on parle sur certains sites officiels) mais ces modifications sont à l’état de suggestions et n’entrent pas en compte dans les épreuves (sauf contre-ordre…)

Bénédicte

Pour l’écrit ce sera très bref, je n’ai rien noté en sortant et presque huit mois après j’ai à peu près tout oublié… Je me souviens avoir trouvé les questions sur le texte très difficiles car les différentes réponses étaient très proches et le texte quelque peu obscur à certains endroits… Il n’y avait pas tellement de surprises pour le reste (logique mathématique : problèmes simples mais complexe dans la formulation… – vocabulaire avec synonymes-antonymes (je me souviens que de faramineux) – orthographe (il me semble tout/tous, près de prêt à,  genre de volte-face, ébène et ??…), mais le plus difficile surtout c’est rester ZEN quand on est cette minuscule fourmi parmi ces innombrables filles (quelques hommes s’étaient quand même cachés, mais peu !) qui de toute façon sont toutes plus préparées que nous et qu’il est absolument impossible qu’on fasse partie de celles qui seront retenues pour l’oral… Je suis sortie très mitigée, très déstabilisée par le texte.. Tout va tellement vite, on a un peu le tournis en sortant de là, et on a presque déjà oublié la moitié de ce qu’il s’est passé,

Je voulais surtout témoigner parce que j’ai préparé le concours seule, alors oui c’est possible, il faut y croire ! Après un semestre en prépa littéraire, j’ai décidé de changer de cap. A vrai dire, je passais plus le concours « pour voir », donc assez détachée mais quand même j’ai beaucoup bossé, tapie à la bibli, parce que je le voulais ! Beaucoup de sites m’ont aidée à cibler mes révisions et m’ont permis de connaître Vuibert, Grevisse, me replonger dans les Bescherelle et autres bouquins (moi je répertoriais même les mots inconnus des romans qu’on lit juste pour le plaisir ! Un peu fastidieux mais parfois ça peut aider !).

Alors pour l’oral, j’ai surtout bossé sur le Vuibert de préparation avec pleins d’exercices, et autres studyrama, etc., j’ai fait et refait des dictées (notamment Pivot), je me suis entraînée à me présenter, à parler clairement, réciter des vire-langues…

Le jour J je suis tombée sur un jury extrêmement gentil, composé d’un homme et d’une femme très souriants, qui mettaient beaucoup en confiance. Ils m’ont demandé d’abord de me présenter rapidement, ils voulaient savoir pourquoi j’étais là, mon parcours, et Je crois que c’est un peu une formalité, qu’ils y attachent de l’importance mais vraiment l’oral ne se joue pas que là-dessus, j’ai été très plate dans mes réponses, oubliant les ¾ de ce que j’aurais aimé dire…

Puis on passe aux épreuves plus techniques :

D’abord une question du style : “pour vous, qu’est ce que la communication ?” (j’avais parlé de la communication non verbale aussi mais enfin rien de très original et surtout j’ai été très brève..)

Il y a eu deux exercices de mémorisation : Le premier (une catastrophe !) était super dur : la femme me donnait une liste de mots qui se ressemblaient beaucoup, qui finissaient par la même syllabe par exemple (d’abord deux trois, puis huit et là impossible de finir les listes…).

Le deuxième était plus abordable : elle me donnait des paires (toise-araignée, urne-bulletin, figue-pêche et une quatrième dont je ne me souviens plus…), puis elle me disait juste après “toise” par ex et je devais dire “araignée” ; l’exercice recommençait après deux ou trois autres exercices pour voir si j’avais bien mémorisé les paires.

Ensuite, il y a le vocabulaire… Il y avait cinq mots. Et vraiment, je n’en connaissais aucun, alors j’ai inventé ! Il fallait d’abord épeler le mot, donner une définition et le placer dans une phrase. Il y avait écholocation, je ne me souviens plus des autres.

Puis le résumé d’un texte scientifique qui comparait les états psychiques (joie, tristesse, etc.) au temps qu’il fait (météo). C’est peut-être pas très clair ce que je raconte mais le texte n’était pas très dur à comprendre et ensuite je devais le lire à voix haute. Ils m’ont laissé quelques minutes pour le relire (ça passe vite !) et ils ont repris le texte. Il fallait donner un titre et résumer. J’ai dû être trop brève car ils m’ont posé des questions, mais j’ai su répondre.

Enfin, il y a eu la dictée. Vraiment courte comparée à celles sur lesquelles je m’étais entraînée, avec des difficultés (1 ou 2 mots de vocabulaire que je ne connaissais pas, accord participe passé…) mais nettement moins difficile que Pivot.

En sortant, j’étais très partagée. Le jury avait été super, ils avaient l’air content mais j’avais raté pleins de trucs. Au bout, j’ai fini 112e sur liste principale donc il faut y croire vraiment ! Et aussi, la note de l’écrit compte pour la note finale et je pense que c’est vraiment ce qui m’a permis d’être admise.

Magalie

Le jury était très avenant mais en retard… d’où un gros stress au début ! Mais il m’a mise très à l’aise !

Première question, il fallait répondre brièvement : “Expliquez en quoi les difficultés d’apprentissage et les troubles du langage écrit ont une répercussion sociale et économique à l’âge adulte.” J’ai paniqué en voyant arriver la question, j’ai eu un coup de stress, je l’ai dit au jury en m’excusant parce que mes phrases étaient incompréhensibles ! Puis je me suis reprise et j’ai donné ma réponse.

Ensuite y avait 4 paires de mots, le jury nous les lisait une première fois puis nous donnait un mot d’une paire ; il fallait restituer le mot qui correspondait. Il y a eu cet exercice une fois après la question et en fin d’entretien après le texte et avant la dictée. Ma série: gifle-herbe, cygne-oie, fruit-none, chat-lait. 

Les exercices de rétention: D’abord une alternance de mots (longs) et de logatomes (les syllabes étaient très espacées) : j’ai très bien restitué les mots mais les logatomes très difficilement (1 correct sur les 4 il me semble). Puis le jury donnait une série de mots (3 d’abord puis 4 puis 5, peut-être 6), il fallait les mémoriser, les répéter et il nous donnait une consigne “Dans cette série de mots combien y avait-il de o, de m, de u..”. J’ai réussi quelques séries mais pas toutes.

Les mots de vocabulaire:
– matamore (que je connaissais)
– paraphernal (j’ai dit que je ne connaissais pas mais que la seule chose que je pouvais dire c’était qu’avec l’étymologie -para autour et que -fernal me faisait penser à la ferme ! et je l’ai mal orthographié)
– somniloquie (je ne connaissais pas non plus mais j’ai tenté avec l’étymologie)
– sibilant (je me suis complètement trompée, j’ai fait l’amalgame avec sibyllin)
– éphélide (que je connaissais)

Pour le texte, assez long (une cinquantaine de lignes je dirais), mais très facile à lire. C’était sur la recrudescence des consultations chez les psy. Ces consultations avaient lieu parce que les parents n’avaient plus honte des psychologues et qu’il y avait une combinaison entre des troubles dus à un environnement social néfaste (chômage, divorce) qui engendre des troubles du comportement et les autres pathologies connues depuis des années. Le texte se terminait sur le bilan qui était très important pour diagnostiquer les troubles tels que la dyslexie par exemple afin que le corps enseignant puisse mettre des moyens en oeuvre pour que les enfants s’améliore et qu’ils ne subissent pas de rejet.

Concernant la dictée, le texte était sur l’agriculture, quelques noms inconnus (dont je ne me souviens pas !), les accords des adjectifs de couleur mais pas de règles grammaticales complexes, les verbes étaient à l’imparfait. Le jury dictait lentement, attendait que j’ai terminé d’écrire pour continuer et dictait la ponctuation.

A la fin le jury a parlé avec moi pour savoir si j’avais d’autres admissibilités et d’où je venais (j’étais admissible à Montpellier et je viens de Montpellier, je ne leur ai pas menti, je crois qu’ils n’en ont pas grand chose à faire!). L’un des membres du jury m’a interpellée sur ma voix, elle disait que lorsque je produisais des -s je sifflais trop. L’autre membre n’était pas d’accord avec elle. Mais je me suis justifiée en disant que j’étais malade et sous cortisone (chose vraie, j’étais aphone 2 jours avant l’ora !)


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