Témoignages 2010

OcéaneChrystelleMarianeClaireLéaMargotAnonyme

Océane

L’écrit

L’ambiance en arrivant, beaucoup, beaucouuup de monde ! Mais très bonne organisation, j’ai trouvé ma place sans problème grâce aux indications.

Début de l’épreuve, à nous de gérer notre temps entre l’orthographe, le texte et le voc (le temps passe très très vite). Pour l’épreuve de vocabulaire, j’ai trouvé que les mots les plus simples comme “univers” sont ceux qui m’ont le plus embêtée ! Pensez à faire les annales des autres années, on retrouve toujours plusieurs mots et ça m’a énormément aidée ! Ensuite pour l’orthographe, soit on sait soit on sait pas … suivre son intuition dans ce cas là ^^ Mais dans l’ensemble, les mots étaient abordables comme colonel (un “n” ou deux). Je suis ressortie de l’épreuve assez contente… et quelque temps plus tard, j’ai reçu ma convocation à l’oral… très grande joie et très gros stress !

L’oral

Etant assez mal à l’aise à l’oral, j’ai effectué un stage de 3 jours avec Sup Santé spécialement fait pour la préparation orale du concours de Paris. Je suis certaine que je dois ma réussite à ce stage qui m’a permis d’arriver (presque) zen à l’oral. Le fait de travailler 3 jours non stop ce qui nous attend m’a rendue beaucoup plus sûre de moi.

Bref, petit compte-rendu de l’oral :

Jury très sympathique composé de deux dames. J’étais plutôt à l’aise.

Elles m’ont demandé mon Bac, ce que j’avais fait depuis et m’ont ensuite posé la fameuse question à laquelle il faut répondre quasi du tac au tac, j’ai eu : “qu’est-ce que le déni ? Et l’incidence que ça peut avoir sur la rééducation orthophonique et comment ça peut se représenter ?” (c’était à peu près ça ^^ ) Je n’ai pas parlé très longtemps mais je pense avoir dit l’essentiel ; j’aurais ben aimé rajouter des choses mais au moment où je me suis arrêtée de parler, 2 secondes plus tard, elles ont enchaîné sur les exos -.-‘

Ensuite, on a eu un exercice avec des chiffres et des lettres dictés par une des examinatrices : il fallait trouver le mot et faire la somme des chiffres. J’ai eu par ex “r h 9 e t e 3 u r” ce qui donne donc “rhéteur” et la somme “12”, c’était assez difficile (surtout les mots) et ce qui était difficile c’est le fait qu’à chaque fois les chiffres étaient les mêmes, j’ai eu 9 et 2 puis 9 et 4 et aussi 9 et 3, etc., du coup, avec le stress, je pense que je me suis embrouillée ^^ J’ai dû faire une ou deux erreurs.

Le second exercice était plutôt simple, elle dictait une série de syllabes (jusqu’à 7 il me semble) qu’on devait mémoriser et ensuite elle retournait une feuille sur laquelle il y avait des numéros (par ex 1 et 3) et il fallait donc redonner la première et la troisième syllabe.

Ensuite, texte assez simple sur les conséquences et l’effet des perturbations sonores (la musique notamment) sur l’apprentissage de la lecture chez les enfants, texte qu’il fallait lire à haute voix puis résumer.

Venait ensuite le vocabulaire… Hécatombe totale, je n’en ai su qu’un seul : impéritie, sinon j’ai eu gaudisserie (que j’ai d’ailleurs mal épelé), lapideux (que je savais mais sur le moment, j’ai séché), maléfier (je crois mais je ne le trouve pas ds le dico) et impossible de me rappeler du dernier.

Pour terminer, la dictée que j’ai trouvée difficile, phrases à rallonges, mots compliqués et l’examinatrice dictait relativement vite ^^ Alors déjà qu’on ne peut pas se relire à la fin, je n’avais même pas le temps pendant que j’écrivais de revenir sur tel ou tel mot ^^

Je suis ressortie assez déçue, j’ai tout de même fait pas mal d’erreurs mais malgré tout, ça ne veut rien dire puisque je suis admise donc gardez espoir et il ne suffit pas de réussir tous les exercices pour être prise.

Bonne chance à toutes !

Océane 🙂

Chrystelle

Mon témoignage suite à l’oral (fait à chaud, avant d’avoir les résultats, car j’ai beaucoup apprécié de pouvoir me référer aux témoignages publiés par l’APEO et je m’étais promis de faire part moi aussi de mon expérience) :

Jury : 1 homme 1 femme, la quarantaine.
Quelques mots d’accueil, et des allusions au sujet de la chaise très peu confortable et en hauteur par rapport à la table.

1ère question : Quel Bac avez vous passé ?

Comme pour moi le Bac est très loin (1988) je ne me suis pas contentée de répondre à cette question et j’ai déroulé tout mon parcours. Comme ils ne m’ont pas coupée, j’ai embrayé sur ma reconversion, mes motivations, mon projet… Ils ont eu l’air intéressé et ont posé une ou deux questions complémentaires : mon employeur était-il au courant de mon projet et est-ce que j’avais présenté uniquement Paris ? (la réponse était oui)

J’étais contente d’avoir noué le contact et je n’ai pas eu le sentiment de les ennuyer en racontant beaucoup plus que ce qu’ils m’avaient demandé, en revanche cette présentation qui s’est faite de façon décontractée m’a peut-être un peu déconcentrée…

2ème question : « En quoi la rééducation orthophonique est-elle précise et chronologique, faites le lien avec votre parcours » ou quelque chose comme ça. Pas de mot interdit. J’ai répondu bilan, diagnostic du trouble, programmation de la rééducation dans le temps, point d’étape, réorientation éventuelle en cours de route en fonction du point d’arrivée envisagé. J’ai été brève et j’ai totalement oublié de traiter la seconde partie de la question pour la bonne raison que j’en avait déjà parlé avant : effectivement dans ma présentation j’avais insisté sur le fait que ce qui me plaisait dans la relation humaine que l’on noue dans l’orthophonie, c’est qu’elle était basée sur un socle technique et que ça satisfaisait mon esprit cartésien (je suis ingénieur de formation initiale). J’espère de tout cœur qu’ils en tiendront compte mais je m’en veux ….

Les mots à retenir : couteau, lentille, sauna, relief : je les ai tous restitués avant la dictée.

Les exercices techniques :
LO4R3D = lord 7
Avec difficulté croissante (toujours deux chiffres mais des mots plus longs). J’ai fait au moins une erreur sur les totaux. 

Puis on m’a donné des logatomes de 3 à 7 syllabes avec la consigne de répéter 2 des syllabes (par exemple la 1ère et a 3ème). J’ai fait aussi une erreur au moins. 

Le vocabulaire : la catastrophe
Le premier mot je crois que c’était bénard (je l’ai bien épelé mais j’ai dit que ce pourrait être un animal, ce qui est faux !), le second euphorbe (trou noir pourtant c’est un mot que je connaissais ! j’ai su l’épeler et j’ai fait une phase passe-partout en avouant mon trou de mémoire), le troisième gemmologie (ouf, je connais), l’avant dernier tribart (j’ai tenté mesure de pression atmosphérique mais bon ça n’était pas ça !) et enfin bornoyer (connu , je me souviens l’avoir mimé bien que ce ne soit pas demandé !). Il n’y a jamais aucun rappel des consignes attention à la concentration !

Le résumé : un texte d’une page sur la lecture très intéressant : lorsque je lisais j’étais très perturbée parce qu’à chaque erreur ou à chaque hésitation le jury notait… Pendant la relecture silencieuse, j’ai été obligée de me boucher les oreilles pour me concentrer, ils se sont levés tous les deux et ont discuté probablement de mes réponses… En revanche ils ont fait un commentaire positif sur mon résumé (je crois que ça se voyait que le sujet me plaisait !).

La dictée : dur dur, les mots contre-scel, gynécée, shah, extemporané…. des mots avec redoublement (ou pas ?) de consonnes. J’ai fait des fautes (j’ai écrit notamment contre-scelle ), il y a un mot que je ne suis pas certaine d’avoir bien retranscrit. Pas de répétition des phrases mais le jury attend qu’on ait terminé une séquence pour en commencer une autre.

C’est étrange, j’ai passé un bon moment (j’étais pourtant très stressée avant d’entrer) même si techniquement je n’ai pas été au top, loin de là…

… Finalement j’étais très mal placée à l’issue de l’écrit (238ème sur 242 me semble t-il ) et j’ai remonté beaucoup de places grâce à l’oral qui compte pour 90 %.

Mariane

Il y a quelques mois, je dévorais littéralement les témoignages de cette rubrique, en me promettant de raconter moi aussi mon expérience si jamais moi aussi j’étais reçue à ce concours… Alors voilà, aujourd’hui, je m’y colle.

Je voudrais avant tout dire que j’ai 43 ans, que je suis maman de 3 enfants, et qu’il ne m’était pas possible de suivre un an de prépa dans une école. Alors ma prépa, je me la suis faite toute seule. J’ai acheté des livres (il en existe beaucoup sur le marché de l’occasion), et je me suis inscrite sur un site (qcmplus.fr pour ne pas le citer ; il en existe d’autres, mais celui-là est fiable et pas cher… et surtout, ce qui suit prouve qu’il est drôlement efficace ! ). Et c’est parti pour une année scolaire de révisions… Je m’étais fait un emploi du temps très strict, du genre : lundi orthographe vocabulaire, mardi grammaire culture générale, etc.

L’écrit

Arrive enfin le jour de l’épreuve écrite. C’est de la folie. Quand j’ai vu le flot ininterrompu de jeunes filles devant la salle, j’ai failli faire demi-tour. Je me trouvais présomptueuse d’imaginer un seul instant que je pourrais être dans les 130 qui resteraient à la fin…

Et puis l’épreuve a commencé. Ambiance très calme et studieuse dans l’immense hangar. Un seul mot d’ordre dans ma tête : concentration, concentration. Les épreuves étaient cotons, certes, mais il n’y avait là rien d’exceptionnel, ma super préparation portait ses fruits…

La gestion du temps me faisait un peu peur, mais j’ai trouvé que le temps imparti était largement suffisant. J’ai eu largement l’occasion de me relire, et de relire le texte sur lequel portaient les questions de compréhension.

Bref, à l’issue de l’écrit, j’étais plutôt confiante… Jusqu’à ce que je lise sur ce forum que beaucoup d’autres filles avaient aussi trouvé cette épreuve « abordable ». Aïe, la concurrence allait donc être terrible. Le doute s’est donc instillé en moi… En attendant, je préparais donc l’oral. Il s’est passé un mois et demi entre les deux épreuves, ça me laissait donc le temps de travailler. Là, j’ai eu besoin d’un répétiteur (ma fille en l’occurrence), pour m’imposer chaque jour un oral blanc. Elle se vengeait des nombreuses heures où c’est moi qui la faisais réviser… Les épreuves auxquelles nous sommes soumis sont racontées à plusieurs endroits sur ce forum, je ne reviens pas dessus.

L’oral

Pour l’oral, j’étais convoquée en fin de journée, vers 17 heures, je crois. Le jury qui m’a été attribué était très sympa, un homme et une femme, ils ont tout fait pour que je sois à l’aise, et je les en remercie. J’ai fait comme tout le monde, du mieux que j’ai pu, je pense que personne ne pouvait avoir tout bon, il y avait par exemple dans la dictée des mots que je ne connaissais absolument pas (maïalique, entre autres… Cela signifie : relatif au mois de mai).

Une grosse semaine plus tard, les résultats sont arrivés, j’étais admise ! Wahou !

Et voilà, j’ai commencé les cours hier… Alors mamans comme moi, si vous en rêvez, lancez-vous, c’est possible, la preuve.

Bon courage !

Mariane

Claire

Je m’appelle Claire, j’ai 18 ans, et j’ai fait une prépa à Limoges pour me préparer à ce concours. Je sortais d’un Bac S option maths, et j’avais tenté le concours de Paris l’année de mon Bac pour me rendre compte de la difficulté de la tâche. Je suis arrivée dans les 2000ème la première fois, alors restez motivés, tout est possible.

Pour ma part, le concours de Paris est “assez” abordable, dans le sens où il n’y a pas de culture générale, seulement des règles et des cas particuliers de la langue française…

En ce qui concerne l’écrit, je ne me rappelle plus tellement des questions. Mais je n’ai pas été surprise du concours, il était semblable à celui de l’année précédente. Pour mes révisions, je me suis attaquée au dictionnaire des synonymes, qui m’a vraiment servi, et puis des dictées et encore des dictées, pour l’orthographe.

Après l’écrit je n’étais pas spécialement confiante, ne sachant pas trop où me situer parmi les 3500 et quelque candidats… De même après l’oral, même si l’on sait que l’on n’a pas était ridicule, de là à affirmer que l’on va être reçu … Cependant l’attente entre l’oral et les résultats définitifs est courte et la joie à la vue d’une acceptation est immense !

Pour l’oral, je m’en rappelle déjà mieux (en espérant que vous serez sélectionné pour cette épreuve 🙂 ). On arrive face à deux orthophonistes, très accueillantes. Elles nous demandent l’âge qu’on a, de quel Bac on sort, mais rien de plus personnel.

Ensuite elles nous donnent une liste de mots (tripaille, quinte, poussière, éclaire) à retenir et à réciter en fin d’épreuve.

Puis une question à laquelle il faut répondre le mieux possible, sans utiliser les quelques mots qu’elles précisent (que signifie “bien parler”? sans utiliser les mots erreur, s’exprimer, et un troisième que j’ai oublié dès le début de ma réponse …).

Viennent les exercices de rétention : d’abord un mélange de chiffres et de lettres dont il faut donner la somme, puis le mot reconstitué. ex: p a 3 t h o 8 l o g i e : 11 et pathologie… Ce n’est pas insurmontable avec un peu d’entraînement. Le nouvel exercice de l’année 2010 est un enchainement de syllabes qu’ils faut mémoriser puis ressortir en fonction d’un chiffre indiqué sur une feuille. (ex : bra pru cho fri ma, si le numéro est 2 il faut dire pru, si les numéros sont 1 et 3 il faut dire bra et cho…).

Ensuite il y a un exercice de vocabulaire : épeler, définir, mettre dans une phrase (apodictique, calandres, érubescent, éthologie).

Puis vient une épreuve de lecture sur un texte simple qu’il faut par la suite résumer, auquel il faut donner un titre et une problématique.

Et pour finir l’épreuve de dictée qui était pour moi l’épreuve la plus redoutée, avec quelques accords de couleurs, du vocabulaire, et des règles d’accords surtout, mais une fois de plus acceptable face à tout ce que l’on peut subir dans d’autres concours 🙂

Bonne chance à tous et toutes.

Léa

Voici un petit résumé de mon oral de Paris :

– 1ère question du genre “expliquez-nous pourquoi vous êtes ici”.
– 2ème question : expliquer ce qu’est l’orthophonie sans utiliser les mots “langage”, “droit”, “communication” et “rééducation”.

– Mots à épeler, définir et replacer dans une phrase : prolégomènes, mausolée, exsuder, pélagique et girandole.

– Mots à retenir (les répéter au début de l’entretien et à la fin) : lunettes, sébum, vidange et quidam.

– Exercices psycho-techniques :
1) suite de lettres et de chiffres => il fallait retrouver le mot formé et la somme des chiffres.
2) suite des syllabes => il fallait répéter par exemple la 3ème et la 6ème syllabe.

– Dictée pas très longue sans première lecture et sans relecture sur le thème religieux (chrême, coreligionnaire, autel, aube…)

– J’ai lu un texte à voix haute et je l’ai relu dans ma tête pendant que les examinateurs parlaient entre eux, c’était sur le rapport entre l’empathie et le langage (assez compliqué).

Mon jury était composé de 2 hommes sympathiques, ils me mettaient à l’aise, avaient de l’humour et n’hésitaient pas à me dire quand c’était bien. J’étais assise en face d’eux sur un fauteuil style fauteuil de dentiste qui tournait (pas pratique notamment pour la dictée !)

Margot

J’ai 36 ans et je suis maman de 2 enfants, je n’ai pas fait de prépa mais mon bagage de traductrice m’a bien aidée. J’ai utilisé des annales (Vuibert, annales Masson – qui comporte pas mal d’erreurs dans les corrigés d’ailleurs, et un autre Masson « Concours d’entrée orthophoniste » qui m’a bien servi pour l’oral ).

Pour l’écrit : effectivement, le flot de candidats est assez impressionnant, mais on retrouve assez facilement sa place. A noter que si on vient en voiture, il est très difficile de sortir à la fin de l’épreuve, il faut être trèèèès patient !

L’épreuve en elle-même : peu de surprises par rapport aux annales, certains mots reviennent (les mots de vocabulaire, les mots où le genre est incertain). Les candidats ont essayé de restituer le sujet là : Réseau Etudiant – Recomposer sujet. Pas d’analyse grammaticale, pas d’imparfaits du subjonctif (pourtant j’avais bossé le sujet ! )

Pour préparer l’oral, j’ai essayé de me documenter un peu plus sur l’orthophonie, sur les pathologies, sur les troubles de la communication, je me suis entraînée face à des proches à répondre à toutes sortes de questions glanées dans les annales ou forums. Ce sont les questions de fond que j’ai trouvé les plus déstabilisantes à l’oral, et pourtant elles n’étaient pas formulées bizarrement.

A l’oral j’ai bien décompressé grâce au pot de l’APEO, ça permet de discuter, de voir les sujets tombés, de manger un bout, c’était vraiment sympa !

Jury : un homme et une femme, très gentils, prévenants (« est-ce que le ventilateur vous gêne ? »), me rappelant de prendre mon temps, de parler quand je suis prête.

Tout d’abord les mots à retenir : foule, quidam, garage, et le dernier j’ai oublié (et d’ailleurs je n’ai pas réussi à le restituer). Mon truc c’était de visualiser le mot et ça marchait bien, mais là, ça n’a pas trop marché !

Ensuite des questions avec des mots interdits :
– « Qu’est-ce l’orthophonie ?» (sans prononcer les mots « langage » et 2 autres mots que j’ai oubliés…)
– « Qu’est-ce que la communication non verbale ? » (sans utiliser les mots « geste » « voix » et un autre mot que j’ai oublié, peut-être « communication »)
J’ai pas mal bafouillé je dois dire et j’ai prononcé au moins 2 mots interdits…

Ensuite des petits tests : des logatomes inscrits sur une feuille, par ex « wabarizi », puis on retourne la feuille et on lit 2 chiffres, par ex 2 et 4, il faut restituer le mot donné par les 2 syllabes correspondantes « bazi ».

Puis ils épellent un mot avec 2 chiffres intercalés. Je m’étais entraînée à cet exercice avec un chiffre entre chaque lettre et donc j’avais pris l’habitude d’additionner au fur et à mesure, mais là il est épelé très vite donc j’ai foiré les 2 premiers mots, et au 3e j’ai compris qu’il valait mieux restituer le mot, retenir les 2 chiffres dans sa tête puis les additionner une fois le mot recomposé. (ex CO5HOR9TE), mais ça va assez vite !

Puis les mots à épeler, définir et utiliser en contexte : prolégomènes, girandole, pélagique, mausolée. Je n’ai pas su définir girandole et pélagique, mais je crois que la phrase en contexte était plausible.

Puis lecture d’un texte, d’abord à haute voix, puis en silence (et là le jury papote et ça perturbe pas mal), et ensuite il faut résumer et donner un titre. C’était sur le rôle du langage dans l’empathie, sur la mise à distance que permet le langage par rapport aux émotions ressenties. C’est ce que je pense avoir le mieux réussi (habitude de la lecture à voix haute et je m’étais entraînée à résumer oralement n’importe quel texte). 

Puis la dictée, assez stressante car ils sont à 30 cm de la main (qui tremblait, et en plus je faisais un effort pour tenir mon stylo de façon orthodoxe). Pas de difficultés marquantes, deux mots inconnus « sylve » et « fazenda », pas mal d’accords à faire.

Après les mots restitués, une question sur mon parcours puis « quelles sont les qualités requises pour être orthophoniste ».

En somme j’ai fait pas mal d’erreurs mais je m’en suis rendu compte « en direct ». J’étais persuadée que ça ne passerait pas, que j’avais fait trop d’erreurs, et au final j’ai eu un bon classement donc je suppose que ce n’est pas avoir « tout bon » qui prime (contrairement à l’écrit !).

(Anonyme)

Après avoir enfin passé l’heureuse nouvelle de la réussite de l’écrit (quoi, moi alors qu’il y avait 3 000 candidats ?), il faut se concentrer sur l’oral. Quand on est arrivé jusque-là, on ne compte pas lâcher et donc il faut s’entraîner ! Lecture de témoignages, collecte d’exercices d’oraux de concours d’orthophonie… On se crée un bon petit dossier et surtout on met tout le monde à contribution pour s’entraîner !

D’ailleurs pour l’oral de Paris, les épreuves sont surtout axées sur la technique, les exercices, je m’étais donc entraîné sur des exercices de rétention de chiffres, de lettres… Ce qui m’a bien aidée pour l’oral. Il y a en fait très peu de questions directes sur nos motivations, notre personnalité…comme d’autres villes en ont plutôt l’habitude. Néanmoins, ce n’est pas pour autant que les jurys nous évaluent uniquement sur le nombre de bonnes réponses données, la réussite aux exercices… Au contraire, ils s’attachent à nous connaître, et ce à travers nos réactions (est-ce que je panique ou au contraire est-ce que j’essaie d’argumenter ? Est-ce que je m’obstine dans le faux, est-ce que j’ose dire que tout simplement que je ne sais pas, après m’être octroyé un temps de réflexion nécessaire…). Le jour de l’oral les jurys savent bien que l’on est stressé mais ils attendent aussi qu’on sache gérer ce stress.

Donc le jour J arrive, voilà que mon nom est appelé et qu’on me demande de me diriger vers le bureau 16. Je m’engage dans le couloir et je croise une dame à qui je demande où se situe ce bureau et il se trouve qu’en fait c’était une de mes deux jurys ! Comme quoi, il faut toujours rester polie et agréable, même en situation de stress de concours !

J’entre dans le bureau et, surprise, la pièce est très exiguë. Je suis assise à la largeur d’un bureau rectangle tandis que les deux femmes qui m’examinent se trouvent de chaque longueur de ce même bureau. Cette proximité me gêne et me surprend un peu. J’ai donc une dame sur ma droite qui me guide dans les exercices (les énoncés, les explications…) et une autre à ma gauche qui ne prononcera quasiment aucun mot de tout l’entretien mais qui, en revanche, notera de nombreux éléments sur une feuille blanche.

L’entretien commence. Tout d’abord une question m’est posée : « Quelles sont les raisons pouvant amener un patient à refuser la rééducation ? Que doit faire l’orthophoniste ? » Je m’en sors avec un petit topo, assez rapide, sur la question. J’essaie quand même d’être prudente : je fais comprendre que je ne maîtrise pas le sujet et que j’attends d’avoir suivi la formation pour compléter mon opinion, qui peut évoluer.

La deuxième question porte sur mon cursus après le Bac (après un Bac S j’ai fait une licence de lettres). J’ai donc détaillé mon parcours. Je m’attache alors à y introduire mon intérêt grandissant pour le métier d’orthophoniste. Je savais qu’après cette question, il ne serait plus possible de s’exprimer sur ses motivations c’est pourquoi j’en ai profité pour glisser deux trois éléments là-dessus (mes contacts avec le métier pendant ma licence, ma décision de passer le concours…). Les jurys ont clôturé le débat et en effet, après il n’y a eu que des exercices.

Elles m’ont communiqué 4 mots à restituer à la fin de l’entretien : tableau, traverse, rognon, patère. De temps en temps, j’essayais de me les remémorer. C’est un exercice auquel j’ai essayé de m’entraîner également, à différents moments de la journée (avant de manger quelqu’un nous donne 4 mots qu’on lui redonne à la fin du repas…). J’y arrivais de temps en temps. Quelques astuces qu’on m’avait données : essayer de construire une phrase avec ces mots (ça avait donné quelque chose d’absurde : j’accroche la traverse du tableau au rognon de la patère) ou d’accrocher » les mots dans l’espace (mettre le mot tableau au coin droit du plafond, rognon sur le bureau par exemple…ce qui ne marchait pas du tout pour moi !). En tout cas dès le début il faut se les remémorer et quand on nous les redemande essayer de tous les récolter avant de les énoncer.

Le 1er exercice : on me donne une liste de syllabes à l’oral. Ensuite on me montre une feuille avec deux chiffres inscrits. Il faut savoir restituer les syllabes qui correspondent aux chiffres indiqués. Exemple : nil ba to chi. Sur la feuille est inscrit 1 – 3 : il faut donc répondre : nil to. L’examinatrice s’assure que j’ai bien compris, n’hésite pas à me répéter deux fois l’énoncé, voyant que j’étais un peu hésitante, et me demande si j’ai encore besoin d’une explication supplémentaire.

2ème exercice : donner le mot et la somme des chiffres qui composent la suite.
Exemple : T A 2 L C 7. Réponse : TALC et 9.
Les suites sont de plus en plus longues.

3ème exercice : vocabulaire.
Il faut épeler, donner la définition et une phrase exemple. Les mots de vocabulaire que j’ai eus : abeusir, coaltar, délusoire, comminatoire. Je n’ai pas su définir abeusir ou peut-être même agueusir (ma prof de prépa m’a ensuite dit qu’il n’était plus présent dans le dictionnaire actuel mais dans celui de l’ancien français !). J’ai quand même pu dire que je savais que le préfixe a/ab pouvait être privatif.
Pour coaltar j’ai pensé au mot argotique de l’expression « être dans le coaltar ». Les jurys se sont trouvées embêtées car elles ne s’attendaient pas à cette explication, elles m’ont donc demandé si je n’en avais pas une autre, bien que celle que j’avais donnée ne fût pas fausse. Je n’avais aucune autre idée et c’est ce que je leur ai dit. L’épreuve de vocabulaire ne s’était donc pour moi pas très bien passée puisque finalement je n’ai su donner une définition complète et rigoureuse que du mot comminatoire, avec un exemple. Je pense donc que beaucoup de choses se jouent dans notre attitude.

Ensuite il a fallu redonner les 4 mots du début de l’entretien.

L’épreuve suivante prenait appui sur un texte. Après l’avoir lu, il a fallu le résumer, trouver un titre et une problématique. Un peu prise de court, j’ai donné un titre un peu « bateau » (le texte parlait du handicap qui n’est pas physique et j’ai donc donné comme titre « Le handicap invisible », quelque chose comme ça). Puis j’ai formulé une réflexion et donné les principaux arguments du texte.

La dernière épreuve était celle de la dictée. Elle était longue d’environ une page blanche (tout dépend de la grosseur de l’écriture mais il y avait un long extrait quand même!). Le jury dictait la ponctuation mais dictait par morceaux assez longs (d’un début de phrase à la virgule… cela faisait donc travailler la mémoire) et ne répétait pas. Il n’y a pas eu de temps de relecture donc il fallait se corriger en même temps. C’était une épreuve assez dure et il fallait surtout rester concentré à la fois sur toute la longueur de la dictée mais donc aussi sur toute la longueur de l’entretien. Dans la dictée il y avait des accords de participes passés, du vocabulaire spécifique aussi (sylve, bauxite, manganèse).

Même si comme ça ça ne paraît pas, l’entretien m’a paru quand même assez court. D’ailleurs, j’ai fait la remarque aux examinatrices qui m’ont répondu que si cela m’avait paru court c’est que donc ça s’était bien passé.

Je suis sortie de l’oral : tout le monde était plutôt satisfait des épreuves, ce qui, bien sûr ne m’a pas réjouie !

Ceux qui étaient convoqués à la même heure que moi ont eu les mêmes mots de vocabulaire, et je crois les mêmes épreuves également.

J’ai été admise sur liste principale.

Bon courage et surtout : il faut y croire ! Même si on est nombreux(ses), on peut réussir. D’ailleurs l’oral compte pour beaucoup dans la note (90%, 10%) et pour l’année 2010 il y avait 1 chance sur 2 de l’avoir !


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