La reconversion

ElodieAurélieLénaïgVirginie

Elodie

J’ai 34 ans. Je suis mariée et maman de 2 enfants de 5 ans et 2 ans.

Ma vie, c’était quoi avant tout ça ?

 J’ai travaillé en tant qu’agent de voyages pendant 12 ans. Après plusieurs plans de licenciements au sein de l’entreprise pour laquelle je travaillais, j’ai décidé de faire un bilan de compétence. Ce bilan s’est fait avec une “coach” de carrière, à la fois un peu psy, un peu directive, un peu “maman” (vas-y je t’écoute ma fille pleure ta vie je suis là pour ça) et un peu magicienne en fait je crois… Bref, une personne géniale qui a su m’aider pile comme j’en avais besoin à ce moment là. A l’issue de ce bilan, le métier d’orthophoniste est devenu une évidence, un déclic !

Mais, comment j’ai fait pour préparer ce concours ?

Par la suite, j’ai tout mis en oeuvre pour me préparer à quitter l’entreprise à la moindre occasion et me lancer. Un nouveau plan de licenciement a été ma délivrance. Je suis partie. Et j’ai commencé une prépa. 6 mois de boulot intensif. Se remettre sur les rails des études tout en étant maman dur ! Dur! Oui mais là, il y a la motivation et ça, ça fait toute la différence !

 Alors c’est sûr, tu fais ta journée de cours, puis ta “journée” avec tes gosses, puis quand tout le monde dort tu t’y remets… jusqu’à ce que ton cerveau te dise STOP ! Et qu’une prof de la prépa (avantage de la prépa) te dise “ça serait dommage d’échouer pour cause d’épuisement”… Ok, on se calme, on se remotive, on se repose… Et les concours arrivent. Là, c’est comme un marathon sauf qu’on ne connaît pas tout de suite le classement à l’arrivée ! J’en ai passé 9. 9 villes dans lesquelles mon mari pouvait se faire muter. C’est Paris qui l’a emporté. Ou du moins j’ai obtenu Paris pardon… Du coup branle-bas de combat : on emporte les petits, le mari, la maison, les voitures et hop direction Paris (je suis d’Aix en Provence au départ…)… changement de vie pour (au moins) 5 ans ! 

 

Et maintenant que j’ai obtenu le Graal, ça donne quoi ?

 Me voilà donc étudiante dans une promo de 120 personnes (dont pas mal de reconversions mine de rien) toutes aussi motivées, positives et sympas les unes que les autres. Personnellement j’ai participé en tant que “vieille” au weekend d’intégration et je me suis régalée.

Les études sont autant intenses que passionnantes. Je ne regrette pas du tout mon choix et pour rien au monde je ne reviendrai en arrière.

Aurélie

Bonjour à toutes et à tous,

J’ai 37 ans, et j’ai réalisé la première partie de ma vie professionnelle en marketing, après avoir fait une école de commerce.

J’ai beaucoup aimé ma carrière en marketing, mais j’ai ressenti le besoin l’année dernière de changer de métier pour plusieurs raisons : pas de vision à long terme en marketing, la pression et l’incompatibilité avec l’éducation de mes 4 enfants de 6 mois à 7 ans,  exercer un métier de soin, tourné vers les autres…

Une rencontre avec une professionnelle a été le déclencheur qui m’a fait m’intéresser au métier d’orthophoniste. J’ai interviewé de nombreux orthophonistes, installés ou encore étudiants. Ils m’ont tous parlé de leur métier avec une réelle passion. Donc je me suis lancée ! J’ai travaillé seule pendant le congé maternité de mon dernier bébé. (ni prépa, ni CNED)

Le concours :
J’ai commencé à travailler très light à partir de l’été, puis tous les jours de 10h à  17-18h pendant 3 mois, mais jamais le soir, et pas le week end. Avec un break de 10 jours pour mon accouchement 😉

J’ai beaucoup regardé les témoignages sur le site de l’APEO et sur différents blogs d’ortho. J’ai ciblé mes révisions uniquement sur le concours de Paris, le seul que j’ai passé. Ca m’a facilité les révisions. Si vous passez plusieurs concours, je pense qu’il faudrait travailler davantage.

J’ai acheté tous les VUIBERT de Dominique Dumas (indispensables), le Bescherelle la conjugaison pour tous, et je me suis inscrite aux sites QCM Plus et Atout concours.

J’alternais l’apprentissage du vocabulaire, et des règles de grammaire avec les Vuibert. J’avais un cahier par matière et je notais tout ce que je ne savais pas. Vers la fin de mes révisions je relisais mes cahiers et faisais des QCM sur les sites pour me tester. Egalement quelques dictées de Pivot.

Et dans la vie de tous les jours, j’écoutais beaucoup France Inter et je notais, cherchais tous les mots inconnus.

Je n’ai pas vraiment assez travaillé les maths et comme ce n’est pas mon fort, j’ai été déstabilisée pendant l’épreuve.

Pour le jour de l’épreuve je conseille de vraiment bien chronométrer le temps passé sur chaque catégorie. C’est très rapide ! Il faut quasiment tout savoir du tac au tac, sinon le temps manque. J’ai commencé par la grammaire, puis le vocabulaire, ensuite les problèmes mais j’ai perdu du temps et j’ai du courir courir pour la compréhension de texte. Le texte était très long et je conseille de garder 45 mn pour cette partie.

A l’écrit je suis arrivée 175ieme sur les 259 convoqués à l’oral.

Je n’ai travaillé l’oral qu’à partir des résultats de l’écrit, c’est à dire 1 mois avant. J’ai acheté le Vuibert ORAL, et les 100 fiches pour l’oral de Studyrama. J’ai aussi téléphoné à plusieurs étudiantes pour avoir leur expérience de l’épreuve. Il est indispensable d’avoir un binôme pour travailler l’oral sur les exercices de rétention.

Je travaillais 1h par jour au téléphone avec ma mère : rétention de mots, de logatomes, restitution dans l’ordre alphabétique, calcul mental, etc…

J’ai continué le vocabulaire avec le Vuibert et mes cahiers. Aussi des sites tels que le mot du jour, ou les 100 mots à garder de Pivot (un des mots est tombé à l’oral).

Je me suis entrainée sur la lecture à haute voix et le résumé de texte.

L’épreuve orale correspondait assez bien aux infos que j’avais récoltées : restituer 4 mots en fin d’épreuve (je les avais), des logatomes à répéter, 4 mots à épeler et définir (je n’en connaissais que 2, j’ai brodé sur l’étymologie pour les autres). Un texte à corriger en 90 secondes, un texte à lire à haute voix puis à résumer. Suite de 2 non-mots ou il faut restituer les lettres dans l’ordre alphabétique (très difficile). Et 1mn à la fin pour présenter son parcours. Impératif de maitriser son stress pour l’épreuve car il faut être très concentré, mais je conseille de tenter de paraître détendu et souriant avec le jury.

Le concours est très sélectif, mais avec du travail, un niveau de base correct en français,  et une bonne gestion du stress pendant les épreuves, c’est possible ! Courage et bonne chance à tous.

La vie d’étudiante :
Les études sont intenses et exigeantes, le volume horaire assez conséquent et stages, travaux de groupe et temps de révision viennent s’y ajouter. Les matières sont passionnantes et je suis super contente de refaire fonctionner mon cerveau en mode ‘études’, ce qui change totalement de la vie pro. Il y a un temps d’adaptation les premiers mois pour trouver son organisation avec la vie de famille. La période des vacances de Noël où nous révisons les partiels est assez dense. Ce n’est que ma 1ère année, mais je n’ai absolument jamais regretté mon choix !

Lénaïg

Bonjour, j’ai 41 ans et 2 enfants. Je travaillais (et travaille encore !) dans une grande entreprise, à la communication. Au retour de mon 2e congé maternité, j’ai décidé de changer de métier.

Préparation du concours :
Une fois décidée, il faut… préparer le concours ! Voir mon témoignage détaillé sur le site  (témoignage 2016)
http://assoapeo.fr/informations-concours-orthophonie/temoignages-concours-orthophonie/temoignages-2016/
En résumé, je m’y suis mise en octobre tout en continuant à travailler à 4/5e : tous les soirs et le mercredi, avec mon Vuibert et QCM+.

Financement :
Une fois qu’on est prise : on fête ça, on saute partout… et on cherche un financement ! J’ai continué à travailler à mi-temps les 2 premières années dans le cadre d’un congé parental. C’est possible, mais ça oblige à travailler le soir pour récupérer les cours ratés et à anticiper les stages.
Pour la 3e année, je tente un CIF/Fongecif. Ensuite… on verra !

Charge de travail :
Une fois qu’on a trouvé un mode de financement plus ou moins satisfaisant, on se pose 4 milliards de questions sur l’organisation et le rythme de travail.
Je pensais qu’après le concours, le plus dur serait fait. Finalement, les cours sont quand même assez costauds… La charge de travail est plus importante que ce à quoi je m’attendais. Le 1er semestre est particulièrement dur, car il faut trouver une méthode de travail, un rythme, s’habituer à un vocabulaire anatomique et scientifique…
Mais on n’est pas seule face à l’adversité !
J’aime beaucoup le dispositif de « marrainage » : nous avons chacune une marraine de l’année supérieure, qui peut nous donner des conseils sur les méthodes de travail, les stages, etc.
Et puis, il est possible de rattraper les cours qu’on a dû rater pour cause familiale ou autre, avec un système de ronéo et d’enregistrement. En revanche, il faut être là aux TD.

Organisation avec les enfants :
J’ai pris une nounou pour les sorties d’école, ce qui décontracte beaucoup le planning ! Chacune s’organise différemment. Moi je travaille le soir après le coucher des enfants, mais pas le week-end.

Planning et rythme des cours :
Les cours commencent tôt début septembre (le même jour que la rentrée scolaire) et se terminent mi-mai après les derniers partiels. Il est ensuite possible d’anticiper des stages à partir de mi-juin. On reçoit le planning des cours de l’année fin août. On n’a pas deux semaines identiques, ce qui complique la gestion des enfants ou d’un boulot.
Ce qui va rythmer notre vie pendant 5 ans : les partieeeeels. On a des partiels en janvier et en mai. Et en gros 2 périodes sans cours : Noël et Pâques. Puis de mi-mai à fin août !

L’ambiance dans la promo :
Elle est très bonne ! Et en tant que reconvertie, on ne se sent pas seule. A Paris, nous sommes de 10 à 15 « vieilles » selon les promos !
Bref, venez, on ne s’ennuie pas !

Virginie

Mon ancienne vie
formation : ingénieur chimiste
responsable labo chez L’Oréal, puis responsable d’études corsos qualitatives
beaucoup de stress et de pression, très peu de reconnaissance
équilibre difficile avec une vie de famille
Ma méthode de travail (pour le concours de Paris uniquement)
seule, avec la méthode Vuibert : focus sur le vocabulaire
je m’y suis mise en octobre, étant à 80%, j’avais mes mercredis pour réviser (avec mes enfants toutefois)
dès que j’avais 30 minutes devant moi, je révisais
je me suis consacrée totalement à la préparation du concours une semaine complète de vacances de février (sans mes enfants)
pour l’oral, entraînement par téléphone avec une étudiante en 1ere année puis avec une étudiante qui préparait plusieurs concours (mise en relation via page FaceBook)
Ma nouvelle vie d’étudiante et ses conséquences sur ma famille
une énorme liberté
beaucoup plus de temps avec mes enfants
beaucoup moins de stress
un rythme de travail différent : parfois le soir et le week-end (moins de frontière entre vie privée / travail que lorsque je travaillais chez L’Oréal)
besoin d’un conjoint compréhensif, surtout les 2 semaines avant les partiels!